Sur chacune de nos fiches produit, la même phrase revient : « tissus d'origine française issus de stocks dormants haut de gamme ». On parle aussi de tissu deadstock. Le terme circule de plus en plus dans la mode, souvent sans être expliqué. Voici ce qu'il recouvre vraiment, d'où viennent ces tissus, et pourquoi ils décident de la forme de chaque pièce que nous dessinons.
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En bref
- Un tissu deadstock est un tissu neuf, jamais utilisé, resté en stock chez un fabricant ou une maison de mode.
- Il provient de surplus de commande, de collections annulées, de fins de rouleaux ou d'échantillons.
- Le travailler évite de produire de nouvelles fibres et de nouvelles teintures.
- Les quantités sont fixes : quand le rouleau est fini, la pièce l'est aussi. C'est l'origine de nos séries limitées.
Sommaire
- Tissu deadstock : la définition
- D'où viennent les tissus dormants ?
- Pourquoi c'est important
- Ce que le deadstock change pour la création
- Comment reconnaître une vraie démarche deadstock
- Deadstock, recyclé, upcyclé, neuf : le comparatif
- Questions fréquentes sur le tissu deadstock
- Chaque pièce commence par un tissu
Tissu deadstock : la définition
Un tissu deadstock, ou tissu dormant, est un tissu neuf qui n'a jamais servi. Il a été tissé, teint, parfois même livré, puis il est resté sur une étagère. Il n'a rien de vintage ni de seconde main : c'est un textile en parfait état, simplement sorti du circuit prévu pour lui.
La nuance compte, car trois mots se croisent souvent :
- Deadstock : un tissu neuf, inutilisé, récupéré tel quel.
- Recyclé : une matière défaite puis refabriquée, par exemple un coton effiloché et refilé.
- Upcyclé : une matière existante transformée en un objet de plus grande valeur. Travailler un tissu dormant pour en faire une pièce de créateur est une forme d'upcycling.
D'où viennent les tissus dormants ?
Toute l'industrie textile produit du surplus. Un tissu dort parce que :
- une maison a commandé plus de métrage que nécessaire, par sécurité ;
- une collection a été modifiée ou annulée après la commande des tissus ;
- il reste une fin de rouleau trop courte pour une production industrielle ;
- des échantillons ou des coloris n'ont jamais été retenus.
Ces stocks se trouvent chez les tisseurs, les négociants et les grandes maisons. Des plateformes les remettent aujourd'hui en circulation auprès des créateurs. C'est le cas de Nona Source, créée par le groupe LVMH pour revendre aux professionnels les tissus et cuirs dormants de ses maisons.
Nous nous approvisionnons en tissus d'origine française issus de stocks dormants haut de gamme. Ce sont des laines, des popelines, des denims ou des imprimés pensés au départ pour le luxe, que nous travaillons en petites quantités.
Pourquoi c'est important
Fabriquer un tissu demande des fibres, de l'eau, de l'énergie et des teintures. Un tissu dormant a déjà consommé tout cela. Le laisser dormir ou le détruire, c'est perdre cette ressource. Le transformer en vêtement, c'est lui donner la vie pour laquelle il a été fabriqué.
La question a pris assez d'importance pour que la loi s'en mêle. En France, depuis le 1er janvier 2022, la loi anti-gaspillage (dite loi AGEC) interdit de détruire les vêtements neufs invendus : les entreprises doivent les donner, les réemployer ou les recycler. Le tissu deadstock prend le problème en amont, avant même qu'un vêtement existe.
Ce que le deadstock change pour la création
Avec un tissu neuf, on dessine une pièce puis on commande le tissu qui lui convient. Avec un tissu dormant, c'est l'inverse : la pièce part du tissu. Son poids, son tombé, sa largeur et sa quantité décident de la coupe.
Cela a trois conséquences, visibles dans nos collections :
- Des séries limitées. Le métrage est fixe. Quand le rouleau est épuisé, le modèle ne revient pas dans le même tissu.
- Des déclinaisons. Un même modèle peut exister dans plusieurs matières. La jupe midi Lavinia, par exemple, se décline en laine, en denim et en popeline de coton.
- Des pièces qu'on ne verra pas ailleurs. Ces tissus ont été sélectionnés pour des maisons de luxe et n'existent qu'en petites quantités : il est peu probable de croiser la même pièce dans la rue.
L'upcycling est notre point de départ, pas notre argument. Ce qui compte d'abord, c'est le dessin : la contrainte du tissu pousse à des coupes plus audacieuses.
Comment reconnaître une vraie démarche deadstock
Le mot est devenu un argument de vente. Quelques questions permettent de faire le tri :
- L'origine est-elle indiquée ? Une marque sérieuse dit d'où viennent ses tissus, même sans citer chaque fournisseur.
- Les quantités sont-elles limitées ? Un modèle vendu en grand nombre, dans tous les coloris, toute l'année, est rarement taillé dans du dormant.
- La composition est-elle précise ? Sur un tissu dormant, elle varie d'un lot à l'autre. Elle doit figurer sur chaque fiche.
- Où le vêtement est-il fabriqué ? Un tissu responsable cousu à l'autre bout du monde perd une partie de son intérêt.
Pour aller plus loin sur la qualité, notre article sur les 7 détails d'un vêtement bien fait vous apprend à lire une pièce à l'envers.
Deadstock, recyclé, upcyclé, neuf : le comparatif
Les quatre grandes origines d'un tissu, côte à côte.
| Tissu | Ce que c'est | Nouvelle production de fibres | Quantités |
|---|---|---|---|
| Deadstock (dormant) | Tissu neuf, jamais utilisé, resté en stock | Aucune | Limitées au stock existant |
| Recyclé | Matière défaite puis refabriquée | Partielle (la matière est retransformée) | Variables |
| Upcyclé | Matière existante transformée en pièce de plus grande valeur | Aucune | Souvent limitées |
| Neuf | Tissu produit pour une collection | Totale | Sur commande |
Questions fréquentes sur le tissu deadstock
Un tissu deadstock est-il un tissu de seconde main ?
Non. C'est un tissu neuf, qui n'a jamais été porté ni utilisé. Il a simplement dormi en stock.
Le deadstock est-il de moins bonne qualité ?
Souvent, c'est même l'inverse : beaucoup de tissus dormants ont été choisis à l'origine pour des maisons de luxe. Chez nous, ce sont des tissus haut de gamme d'origine française.
Pourquoi les pièces en deadstock sont-elles en séries limitées ?
Parce que la quantité de tissu est fixe. Quand le rouleau est terminé, le modèle ne peut pas être refait dans le même tissu.
Quelle différence entre deadstock et upcycling ?
Le deadstock désigne un tissu neuf inutilisé. L'upcycling désigne le fait de transformer une matière existante en un objet de plus grande valeur. Faire une pièce de créateur avec du deadstock, c'est de l'upcycling.
Chaque pièce commence par un tissu
Choisir une pièce en tissu dormant, c'est porter un tissu qui a une histoire, dans une coupe pensée pour lui, et qui n'existera qu'en quelques exemplaires. Toutes nos pièces sont fabriquées en France à partir de ces stocks dormants haut de gamme. Découvrez notre prêt-à-porter, la dernière collection Soft Scars, ou l'histoire de la marque.
Par Guillaume Aubagnac, créateur de Guillaume Alexandre.